Lavage de cerveau
Jutta Hitzhuber

Jutta Hitzhuber

La méthode psycholytique est souvent comparée péjorativement à un lavage de cerveau. Dans son sens usuel, le lavage de cerveau est associé aux termes de manipulation et abus de pouvoir, avec l’aide de la violence si nécessaire. Si l’on essayait une fois de comprendre ce mot littéralement, on pourrait l’interpréter comme un nettoyage en profondeur de nos „cerveaux souillés“. Et si l’on considère honnêtement et consciencieusement l’état du monde actuel,  on ne peut, en principe, pas aboutir à une autre conclusion. En effet, les nombreuse guerres, les crises de réfugiés, l’injustice sociale, la paupérisation,  l’égoïsme, pour donner quelques exemples, peuvent êtres mises, à mon avis, en corrélation directe avec „nos  cerveaux non lavés ». Il est possible de formuler la chose encore autrement: « notre état d’esprit est non lavé ». Qu’y a-t-il de négatif de nettoyer son cerveau, quand cela s’avère nécessaire  et le cas échéant, de changer de direction ? Ceci avec des méthodes éprouvées et prometteuses telles que la psycholyse ? Personnellement, je ne connais pas de méhode plus efficace pour confronter l’esprit humain ä son  propre état d’esprit, et je ne connais également pas de méthode qui recèle aussi radicalement en elle le potentiel de réviser et de changer positivement son état d’esprit. Je pense que si les milieux conservateurs  rejettent et  combattent de façon aussi véhémente la psycholyse, c’est parce qu’elle représente une menace pour le capitalisme et l’égoïsme.

Un nouvel état d’esprit, un changement d’attitude engendreraient une nouvelle société. Mais personne ne le désire vraiment. L’ordre établi doit être préservé à tout prix, même s’il  est en porte-à-faux avec la raison, la vérité et même nos convictions profondes. Tout au long de ma vie, je peux affirmer sans hésitation que la psycholyse (avec les substances LSD & MDMA) n’a eu que des retombées positives. Personne n’est obligé de laver son cerveau, mais il n’y a aucune raison de condamner et criminaliser celles et ceux qui décident, par conviction profonde, de le faire.

Jutta Hitzhuber, 69
Commissaire en chef de la police à la retraite