Jean-Etienne Schmid

Jean-Etienne Schmid

1. Pourquoi as-tu suivi un traitement psycholytique ? Avais-tu des problèmes personnels, suivais-tu une thérapie ou étais-tu simplement curieux?

J’avais des problèmes psychiques et j’étais désespéré, car il me semblait que j’étais résistant à toute thérapie. Malgré une grande appréhension (mon éducation m’interdisait strictement de toucher à des substances) j’ai décidé, après un long moment d’hésitation, de tenter l’expérience et de participer à une séance psycholytique.

2. Si tu avais des problèmes personnels : dans quelle mesure la psycholyse t’a aidé à les surmonter ? Qu’est-ce qui différencie la psycholyse d’autres thérapies ? Actuellement, quel est l’impact de la psycholyse sur ta vie?

La psycholyse m’a aidé à entrer en contact avec mon corps. Les thérapies précédentes sont restées une affaire intellectuelle que je ne pouvais pas intégrer dans ma vie. La psycholyse m’a permis de ressentir par exemple, une partie de la peur qui était inconsciemment stockée dans mon corps. Et la psycholyse m’a permis de poser un nouveau regard sur la vie.

3. La psycholyse est continuellement présentée comme une forme de charlatanerie, d’abus de pouvoir et de transgression. Grâce à ton expérience personnelle, quel est ton avis sur la question?

J’ai eu la chance de pouvoir travailler avec des thérapeutes intègres. Je n’ai donc pas été confronté à des problèmes d’abus et de charlatanerie. Mais je suis conscient que si cette méthode puissante tombe entre les mains d’une personne malhonnête, les risques d’abus sont massifs. C’est pour cette raison qu’il serait important de ne pas confiner cette méthode thérapeutique dans la clandestinité, ce qui minimiserait les risques d’abus et de charlatanerie.

4. Le psycholyse et la plupart des substances adéquates sont interdites. Que penses-tu de cette situation?

Malheureusement on ne fait pas de différence entre des substances bénéfiques et dangereuses. Ainsi la production de nouvelles substances (dont on ne connaît pas bien les effets) qui ne sont pas encore interdites est encouragée et par conséquent les risques d’accidents sont plus élevés. En plus, les substances connues ne sont pas régulièrement contrôlées par un laboratoire reconnu. Ainsi des cocktails dangereux peuvent circuler sur le marché. Et le problème reste toujours le même : chaque substance demande beaucoup de soin dans son utilisation (l’abus d’alcool a aussi des conséquences désastreuses pour l’individu, ses proches et la société). Si l’effet d’une substance est perverti pour se griser (par exemple pour refouler sa propre misère), alors elle n’a aucun effet positif. Mais si la personne est accompagnée dans le cadre d’un setting sérieux, la substance peut lui permettre de mieux comprendre son fonctionnement et de sortir grandi d’une situation difficile.

5. Aurais-tu d’autres remarques qui te semblent importantes et qui n’auraient pas été abordées dans les questions précédentes?

La psycholyse est une méthode exigeante. Il ne s’agit pas de vivre à travers elle des moments grisant, mais d’apprendre, si l’on est attentif, à ressentir les choses en général difficiles qui remontent à la surface, à les comprendre et à les gérer.

Et il n’y a rien de plus beau que d’être plus intensément en accord avec soi-même, que de trouver la paix intérieure – pour moi la véritable « griserie » apportée par les substances. En général, les substances ouvrent notre cœur à une compréhension des êtres et des choses plus profonde. J’ose utiliser le mot « spiritualité » ( bien qu’il soit malheureusement chargé de nombreux malentendus) pour exprimer le fait que ces substances permettent de porter un nouveau regard sur la vie.